jeudi 27 mars 2008

Mobilisation festive


La salle des profs déborde…
La victoire est au bout du paquet de chips
L’Orangina coule à flots…

Le sourire ravi de Kamel nous remplit de joie : nous l’attendions, il est arrivé. À ses côtés, Johann a la frite, Anne-Marie a la chips, Céline a la galette, Cedrick tire un penalty sur le Coca tandis que d’un air angoissé, Alex craquotte des chips… Jean-Luc, parent d’élève, domine de trois têtes la petite Karine. Nos propos semblent dépasser Anne, une mère solidaire de la cause.

Instantanés d’une nuit citoyenne dans un lycée de banlieue qui risque de faire les frais d’une politique médiocre qui se focalise sur les chiffres et oublie l’essentiel, l’humain, à savoir 576 élèves parmi lesquels :

- Amal qui écrit des poèmes somptueux,
- Arezki qui est obligé de gagner sa vie tout en préparant le Bac,
- Duckenson qu’une ambulance amène tous les matins,
- Hugo qui est arrivé l’année dernière après avoir fui la guerre au Congo…

Tous ceux qui chaque jour sont présents en cours, ou encore ceux qui, souvent absents, considèrent pourtant le lycée comme un refuge, un lieu de vie où ils trouvent toujours quelqu’un qui leur affirme qu’ils existent et qu’ils ont leur place dans la société.